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Cuisiner à deux sans se disputer : le mode foyer
La liste de courses partagée en temps réel entre membres d'un même foyer : ce que le mode foyer de Tadam règle vraiment, et ce qu'il ne règle pas.
Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture
« On a acheté deux plaquettes de beurre le même jour, dans deux magasins différents, et on ne s'en est rendu compte que le dimanche. » Ce message-là, je l'ai reçu d'une utilisatrice au printemps, et je l'ai relu trois fois avec un sourire un peu gêné, parce qu'il décrit mot pour mot un truc que j'ai vécu.
C'était en coloc, rue Jean-Jaurès, avec un type qui s'appelait Damien et qui laissait toujours la porte du frigo entrouverte de deux centimètres. On avait convenu d'une règle simple : celui qui passe devant le magasin prend ce qui manque. Un mercredi, on a pris chacun une plaquette de beurre doux de 250 g. Le soir, deux beurres. Le lendemain, une discussion de vingt minutes pour savoir qui avait été le plus con, ce qui reste, avec le recul, la partie la plus chère de l'affaire. Le beurre est à 11,00 € le kilo dans notre catalogue d'ingrédients — donc 2,75 € la plaquette. Si tu prends du beurre de baratte doux chez Naturalia, c'était 3,49 € les 250 g le 2 septembre 2026, soit 13,96 € le kilo, et 3,55 € pour le demi-sel. Le doublon ne ruine personne. Ce n'est pas le sujet.
Le vrai problème n'est pas le doublon, c'est la question
Le problème, c'est le message « tu prends quoi ? » envoyé à 18 h 40 depuis un rayon, sans réponse, suivi d'une décision prise dans le doute. Multiplié par deux personnes, quatre fois par semaine, ça fait une charge invisible que personne ne comptabilise et qui finit toujours par se déposer sur la même tête.
Je suis catégorique là-dessus : dans un couple ou une coloc, ce qui coûte le plus cher n'est pas la nourriture, c'est l'arbitrage. Décider quoi manger, vérifier ce qu'il reste, retenir qui a acheté quoi. Le mode foyer de Tadam existe pour ça avant d'exister pour l'argent.
Ce que fait la liste partagée, concrètement
Une personne crée le foyer. Les autres le rejoignent avec un code. À partir de là, il y a une seule liste de courses, et elle est synchronisée en direct entre tous les téléphones du foyer.
Ce que ça veut dire dans un rayon : ton conjoint coche « pommes de terre » au Carrefour de son bureau, la ligne disparaît de ton écran pendant que tu es dans un autre magasin. Pas au bout de dix minutes. Tout de suite. La même chose vaut dans l'autre sens — un article ajouté par l'un apparaît chez l'autre, un membre qui rejoint le foyer est signalé, et une modification du menu de la semaine est répercutée sur les listes de tout le monde.
Chacun garde ses propres contraintes. Régimes, allergies, aliments détestés : ce sont des réglages individuels, pris en compte à la génération du plan. Un foyer où l'un est sans lactose et l'autre non ne se retrouve pas avec un menu au plus petit dénominateur commun.
La liste elle-même est rangée par rayon, et à deux ça change plus de choses qu'on imagine. Une liste écrite dans l'ordre des recettes oblige celui qui est au magasin à faire trois fois l'aller-retour entre la crémerie et les surgelés, en se demandant à chaque ligne si l'autre a déjà pris. Une liste rangée par rayon, cochée en direct, se parcourt dans le sens de la marche. Sur des courses hebdomadaires normales, je gagne facilement un quart d'heure, et surtout je ne rentre pas avec le sentiment d'avoir oublié quelque chose.
Un foyer à deux est gratuit. À trois et plus, il faut passer en Premium, à 4,99 €/mois — ou prendre la licence fondateur à 29 € à vie, dont il reste 500 places au total. Je préfère le dire dans le corps du texte plutôt que dans une note de bas de page.
Qui décide du menu
Voilà l'endroit où la plupart des couples se plantent, et j'inclus le mien. On croit que le sujet est « qu'est-ce qu'on mange », alors que le sujet est « qui porte la décision ».
Mon opinion, tranchée : dans un foyer, le menu ne doit pas être négocié chaque soir. Il doit être décidé une fois, le dimanche, à deux, en dix minutes, puis exécuté sans rediscussion. Le plan de la semaine sert exactement à ça — il transforme sept petites négociations quotidiennes en une seule, ce qui n'est pas un gain de temps, c'est un gain de paix.
Les plats qui marchent le mieux à deux sont ceux qui se font en une fois pour plusieurs jours. Le Chili con carne à batcher tient quarante-cinq minutes de préparation le dimanche et couvre trois dîners. Le Dahl de lentilles corail au lait de coco revient à presque rien : les lentilles corail sont à 4,50 € le kilo dans notre catalogue — chez Naturalia, en bio, le sachet d'un kilo était à 5,39 € le 2 septembre 2026 — et une portion tourne autour de 90 g crus. Le Gratin de courgettes au jambon et fromage met tout le monde d'accord, y compris les gens qui prétendent ne pas aimer les courgettes. Et quand la semaine dérape, il reste les Spaghetti bolognaise maison rapide en trente-cinq minutes, avec des spaghettis à 1,90 € le kilo.
Le budget à deux ne se divise pas comme on croit
Dans Tadam, le budget se règle par personne et par semaine : 35 € en Petit budget, 55 € en Normal, 85 € en Plaisir. Pour un foyer de deux, ça donne 70, 110 ou 170 € de courses hebdomadaires.
Sauf que deux personnes ne coûtent pas deux fois une personne. L'huile, la farine, les épices, le café : ces postes-là ne doublent pas. En revanche les protéines doublent presque exactement. Le 2 septembre 2026 chez Lidl, les steaks hachés L'étal du Boucher étaient à 13,99 € le kilo et les fines escalopes de poulet à 9,99 € le kilo — pour deux, ça se voit tout de suite sur la ligne viande. Les pommes de terre vapeur Filière Qualité Carrefour, 2 kg à 2,49 € le 2 septembre 2026 soit 1,24 € le kilo, ne se voient pas du tout.
L'enseigne pèse aussi lourd que le menu. Notre panier de 29 produits comparé le 3 septembre 2026 sort à 37,06 € chez Lidl et à 47,25 € chez Carrefour. Chez Monoprix, il monte à 53,67 € et chez Franprix à 53,16 € — mais ces deux-là sont des prix estimés, construits à partir d'un prix moyen national et d'un coefficient par enseigne, pas d'un relevé. Estimation Tadam, à confirmer en magasin. L'ordre de grandeur tient ; le centime, non.
En coloc, ce n'est pas le même problème
À deux, le sujet est la coordination. À quatre, le sujet est la comptabilité, et ce n'est pas du tout la même bête.
Dans la coloc de la rue Jean-Jaurès, on avait fini par acheter chacun son propre paquet de pâtes, avec un prénom écrit au marqueur dessus. Quatre paquets de spaghettis à 1,90 € le kilo dans un placard de 60 cm, c'est absurde, mais c'était moins pénible que de recompter. La liste partagée règle la moitié du problème : tout le monde voit ce qui est acheté, personne ne rachète en double, et celui qui passe devant le magasin sait exactement quoi prendre. Elle ne règle pas l'autre moitié, celle des euros.
Ce que je conseille aux colocs qui m'écrivent, et qui marche mieux que tout ce que j'ai essayé à l'époque : mettre en commun uniquement le fond de placard et les légumes — l'huile d'olive à 13,00 €/l dans notre catalogue, la farine à 1,10 € le kilo, les oignons, les pâtes, le riz basmati à 3,20 € le kilo — et laisser chacun payer ses protéines. Ça évite la conversation où quelqu'un fait remarquer qu'il ne mange pas de viande. Chez Lidl, le 2 septembre 2026, les aiguillettes de poulet L'étal du Volailler de 1,2 kg étaient à 11,49 €, soit 9,58 € le kilo : c'est la ligne qui différencie vraiment deux paniers, pas les épices.
Au-delà de deux membres, le foyer Tadam passe en Premium. Divisé par quatre, ça fait 1,25 € par personne et par mois, ce qui est honnêtement le cadet des soucis d'une coloc.
Ce que le mode foyer ne règle pas
Il ne partage pas les frais. Tadam ne fait pas de comptes entre colocataires et n'a pas vocation à en faire.
Il ne remplace pas non plus une conversation. J'ai vu des foyers où la liste partagée est devenue un terrain de passif-agressivité — l'un ajoute des choses que l'autre décoche, en silence, pendant trois jours. Un outil ne répare pas ça. Il rend juste le désaccord visible plus vite, ce qui est déjà mieux que de le découvrir devant deux plaquettes de beurre.
Et il ne dispense pas de regarder le frigo. La liste dit ce qu'il faut acheter selon le plan, pas ce qu'il reste chez toi.
Comment on s'y met en cinq minutes
Crée le foyer, envoie le code, générez le plan à deux le dimanche soir. Celui qui va au magasin coche, l'autre voit. C'est tout, et c'est volontairement pauvre en options : chaque bouton ajouté à une liste partagée est une occasion de plus de se disputer.
Damien, si tu lis ça : c'était moi le plus con, j'avais déjà du beurre dans la porte du frigo. Celle que tu ne fermais jamais.
Sources
- INSEE — indice des prix à la consommation — consulté le 2026-09-03
- Naturalia — site enseigne — consulté le 2026-09-03
- Lidl — site enseigne — consulté le 2026-09-03
Questions fréquentes
Comment fonctionne le mode foyer de Tadam ?
Une personne crée le foyer, les autres rejoignent avec un code. La liste de courses devient commune et se synchronise en direct : quand l'un coche un article au magasin, l'autre le voit disparaître de son écran dans la seconde.
Le mode foyer est-il payant ?
Un foyer à deux est gratuit. Au-delà de deux membres, il faut le Premium à 4,99 €/mois, ou la licence fondateur à 29 € à vie, limitée à 500 places.
Est-ce que ça marche en colocation ?
Oui, et c'est même là que ça sert le plus. Chacun voit la liste commune, coche ce qu'il a pris et ajoute ce qui manque. Le partage des frais, en revanche, n'est pas géré par Tadam.
Le menu de la semaine est-il commun à tout le foyer ?
Oui. Le plan et la liste sont partagés, et une modification du plan par un membre est répercutée chez les autres. Chacun garde en revanche ses propres régimes et allergies, qui sont pris en compte dans la génération.
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Les prix cités dans ce guide
Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.
Des recettes pour appliquer
Arthur Lecaille
Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.
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