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Batch cooking du dimanche en 2 heures

Deux heures le dimanche, quatre plats pour la semaine, et la vraie contrainte que personne ne mentionne : la place dans ton frigo.

Par Arthur Lecaille · publié le 3 septembre 2026 · 6 min de lecture

Un dimanche de novembre, vers 10 h 20, le rayon légumes de mon Carrefour ressemblait à un embouteillage : deux caddies bloqués nez à nez devant les carottes, une dame qui soupesait chaque patate douce comme un melon, et moi derrière avec un filet de 2 kg d'oignons sous le bras. J'ai attendu. J'ai pris trois kilos de carottes, deux kilos de pommes de terre, un poulet entier, un paquet de lentilles vertes. J'étais content de moi.

À 19 h 40 le même soir, j'avais six boîtes hermétiques sur le plan de travail et un réfrigérateur qui en acceptait quatre. Ça ne rentrait pas. J'ai fini par manger le dahl debout, directement dans la casserole, pour libérer un contenant — et par ranger une boîte de carottes rôties dans le compartiment à œufs, en vrac, sans couvercle. Le lendemain, tout le frigo sentait le cumin.

Voilà ce que personne ne te dit sur le batch cooking : la contrainte n'est pas le temps de cuisson. C'est le volume.

Deux heures, ça veut dire quatre bases, pas quatre plats

Je vois passer des plannings qui promettent six plats terminés en deux heures. Franchement, non. Ce que deux heures permettent, avec un seul four et deux feux, c'est quatre bases :

  1. une protéine cuite en grande quantité ;
  2. une légumineuse mijotée ;
  3. un féculent froid, assaisonné, qui se mange en salade ;
  4. un légume rôti au four.

Ces quatre bases se recombinent en cinq dîners différents dans la semaine, et c'est très exactement pour ça que Tadam a 73 recettes marquées batch-cooking sur ses 549 : elles sont écrites pour produire une base, pas une assiette.

Mon opinion là-dessus est ferme : préparer sept assiettes complètes le dimanche, c'est se condamner à manger la même chose sept fois et à tout jeter le jeudi. Prépare des briques, assemble le soir.

Les cent vingt minutes, dans l'ordre

0 à 10 minutes. Le four monte à 200 °C, une grande casserole d'eau chauffe, et je découpe. Rien d'autre. Je ne lance aucune cuisson tant que tout n'est pas coupé, parce que c'est là que tout dérape sinon.

10 à 20 minutes. La plaque part au four. Chez Carrefour, le 2 septembre 2026, le sac de pommes de terre vapeur Filière Qualité de 2 kg était à 2,49 €, soit 1,24 €/kg, et les patates douces vrac à 1,99 € le kilo. Avec des carottes et des oignons, ça remplit une plaque entière pour moins de trois euros. C'est la Plaque au four poulet et légumes racines (batch) qui tourne chez moi le plus souvent, parce qu'elle occupe le four pendant que je fais autre chose.

20 à 60 minutes. La légumineuse mijote pendant que le four travaille. Les lentilles vertes valent 4,00 €/kg dans notre catalogue, avec 24,6 g de protéines et 17 g de fibres pour 100 g — c'est le meilleur rapport qualité-prix-nutrition de tout le rayon sec, et ce n'est pas discutable. Le Dahl de lentilles vertes aux carottes (batch) sort de là, avec un fond d'oignon et du curcuma.

Si tu prends du bio, sache où tu mets les pieds : chez Naturalia le 2 septembre 2026, les lentilles corail en sachet de 500 g étaient à 3,25 €, soit 6,50 €/kg, alors que le sac de 1 kg était à 5,39 €. Un euro onze de moins au kilo, pour la même lentille, dans le même magasin, sur le même rayon. Prends toujours le kilo.

60 à 90 minutes. Le féculent froid. Boulgour ou riz, cuits en grande quantité, refroidis à plat sur une plaque et pas dans la casserole — sinon ils continuent de cuire et deviennent une pâte. Le boulgour est à 4,50 €/kg dans notre catalogue et affiche 14 g de fibres pour 100 g, ce qui en fait le féculent le plus intéressant du placard une fois qu'on regarde autre chose que le prix. Le Taboulé de boulgour, feta et menthe se monte en cinq minutes le soir avec ça.

90 à 120 minutes. La protéine. Chez Lidl, le 2 septembre 2026, les fines escalopes de poulet L'étal du Volailler étaient à 9,99 € le kilo, et les steaks hachés L'étal du Boucher à 13,99 € le kilo. Comparé au poulet entier de notre catalogue, à 5,90 €/kg pour 20 g de protéines aux 100 g, l'escalope coûte presque deux fois plus au kilo. Le poulet entier reste la protéine la moins chère du magasin, et le dimanche est le seul jour où tu as le temps de le découper.

Ce que je ne batche jamais

Les pâtes. Les pâtes réchauffées sont une punition, je ne reviendrai pas là-dessus. Le poisson au-delà de deux jours, aussi — l'odeur dans le frigo ne vaut pas l'économie de temps. Et les salades vertes assaisonnées, évidemment.

En revanche, je batche systématiquement une soupe, même en septembre. La Soupe de pois cassés et carotte tient quatre jours, se congèle sans se dégrader, et coûte une misère : les pois cassés sont à 4,00 €/kg dans notre catalogue, avec 24 g de protéines et 23 g de fibres pour 100 g. Vingt-trois grammes. C'est le record du catalogue, tous rayons confondus.

Et je batche le riz, mais froid uniquement. Le riz basmati est à 3,20 €/kg dans notre catalogue, contre 3,50 €/kg pour le complet et 8,00 €/kg pour le quinoa. Ce dernier chiffre mérite qu'on s'arrête : le quinoa coûte deux fois et demie le prix du riz basmati au kilo pour 7 g de fibres aux 100 g, quand le boulgour en apporte 14 g pour 4,50 €/kg. Je ne dis pas que le quinoa est mauvais. Je dis qu'il est vendu comme une évidence nutritionnelle alors que le boulgour le bat sur les deux tableaux, et que personne ne le mentionne jamais.

Le problème du frigo, sérieusement

Six boîtes de 1,5 litre, c'est neuf litres de volume utile. Un réfrigérateur combiné standard t'en offre nettement moins une fois qu'on a retiré le lait, les œufs, le beurre, les yaourts et le truc que personne n'ose jeter au fond.

Ce que j'ai changé après le dimanche au cumin, dans l'ordre d'efficacité : j'ai acheté des boîtes rectangulaires basses plutôt que rondes et hautes, parce qu'elles s'empilent et qu'elles occupent la hauteur d'une clayette au lieu de deux. J'ai vidé le frigo avant de cuisiner, pas après. Et je descends une base au congélateur immédiatement, tant qu'elle est encore tiède et que j'ai la motivation — le Chili con carne à batcher part toujours là-bas, il supporte très bien la congélation.

Ce que ça coûte vraiment

L'économie du batch cooking ne vient pas de la cuisson groupée. Elle vient de trois endroits : les grands formats, le fait de ne plus commander à 20 h 30 un mercredi, et le gaspillage qui s'effondre parce que tout ce qui est acheté est cuit dans la journée.

Et elle vient d'un truc plus bête. Le filet d'oignons jaunes de 2 kg à 1,11 € chez Lidl le 2 septembre 2026, soit 0,56 €/kg, ne se justifie que si tu as un dimanche pour l'utiliser. Sinon tu achètes trois oignons au détail et tu payes quatre fois le prix, comme tout le monde, moi le premier quand je suis pressé.

Le mode foyer de Tadam sert exactement à ça : la liste est partagée en temps réel, donc celui qui passe au magasin le dimanche matin voit disparaître les lignes que l'autre vient de prendre, en direct, sans avoir à envoyer un message.

Dernier point, et c'est celui que je défends le plus mal en soirée. Le batch cooking ne rend pas la semaine plus agréable, il la rend plus courte. Tu échanges deux heures de dimanche contre cinq soirées où tu ne décides rien, où tu ouvres une boîte, où tu réchauffes, où tu manges à 19 h 15 au lieu de 20 h 45. Certains détestent ça et je les comprends : il y a des gens pour qui cuisiner le soir est le seul moment calme de la journée. Si c'est ton cas, ne batche que la protéine et la légumineuse, et garde l'assemblage pour le plaisir. Les Boulettes de bœuf sauce tomate (batch) marchent très bien dans ce format-là — la base attend au frigo, tu décides le soir de ce qui l'accompagne.

Bloque deux heures dimanche prochain. Vide ton frigo avant de commencer, pas après.

Sources

Questions fréquentes

Combien de plats peut-on préparer en deux heures ?

Quatre bases, pas quatre plats finis. Une protéine cuite en grande quantité, une légumineuse mijotée, un féculent froid et un légume rôti. Assemblés différemment, ça couvre cinq dîners. Viser six plats terminés en deux heures est le meilleur moyen de rater les six.

Combien de temps se conservent les plats batchés ?

Trois jours au réfrigérateur pour les plats à base de viande ou de poisson, quatre pour les légumineuses et les légumes rôtis. Au-delà, congélation. Les féculents assaisonnés froids, eux, ne dépassent pas deux jours chez moi sans devenir tristes.

Le batch cooking fait-il vraiment économiser ?

Oui, mais indirectement. L'économie vient des grands formats — un poulet entier à 5,90 €/kg contre 9,90 €/kg pour du blanc — et des livraisons du soir qu'on ne commande plus. Pas de la cuisson groupée elle-même, qui ne change rien au prix des ingrédients.

Faut-il un congélateur pour batcher ?

Non, un réfrigérateur avec de la place suffit pour une semaine. Le congélateur sert à décaler, pas à batcher : il transforme un dimanche productif en réserve pour la semaine d'après. C'est utile, ce n'est pas la condition d'entrée.

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Les prix cités dans ce guide

Chaque fiche donne le prix relevé dans les 17 enseignes suivies.

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Arthur Lecaille

Arthur Lecaille est le fondateur de Tadam. Entrepreneur français installé à Bali, il dirige AC SCALE LLC, structure depuis laquelle il construit des produits numériques grand public. Tadam est né d'un constat simple, vérifié chiffres en main : entre deux enseignes françaises, le même panier de courses peut varier de plus de quarante euros, sans que personne ne publie l'écart de façon lisible. Il conçoit lui-même le moteur de relevé de prix, la méthode de rapprochement produit-ingrédient et les règles de planification des menus, et il tranche chaque arbitrage éditorial : afficher un prix estimé comme tel, ne jamais présenter une moyenne comme un relevé, publier l'écart même quand il dérange.

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